Auteur : Rachel Joyce
Titre VO : The unlikely pilgrimage of Harold
Traduction : Marie-France Girod
Genre : Roman contemporain
Edition : XO
Parution : le 12 septembre 2011
Pages : 364
Prix : 19.90 euros
Acheter la lettre qui allait changer le destin d'Harold Fry
Titre VO : The unlikely pilgrimage of Harold
Traduction : Marie-France Girod
Genre : Roman contemporain
Edition : XO
Parution : le 12 septembre 2011
Pages : 364
Prix : 19.90 euros
Acheter la lettre qui allait changer le destin d'Harold Fry
Résumé
Harold Fry est bouleversé
par la lettre qu’il reçoit de Queenie Hennessy, une ancienne amie,
mourante. Au moment de poster sa réponse, il passe devant la boîte aux
lettres sans s’arrêter… Et traverse l’Angleterre à pieds pour la porter
en mains propres ! Car tout ce qu’Harold sait, c’est qu’il doit
continuer à marcher. Pour sa femme, pour son fils, pour Queenie, pour
nous tous.
Mon avis
On découvre à travers cette histoire toute la douleur de la séparation et en même temps tout l'espoir qu'un morceau de papier peux vous donner.
Harold va marcher et on va le suivre. A la fin du roman on comprends que le plus important est la marche d'Harold, son pélerinage moderne.
L'issue est attendue, mais en y réfléchissant bien, il ne peut pas en avoir d'autre!
Style
Très épurée et facile à lire, le style de Rachel Joyce colle à son histoire. On ressent très bien cette paix extérieure et ce déchainement intérieur.
Extrait
La lettre qui devait tout changer arriva un mardi. C'était une matinée de la mi-avril comme les autres, qui sentait le linge fraîchement lavé et l'herbe coupée. Rasé de près, en chemise et cravate impeccables, Harold Fry était installé à la table du petit déjeuner devant une tartine de pain grillé à laquelle il ne touchait pas. Par la fenêtre de la cuisine, il contemplait la pelouse bien entretenue, transpercée en son milieu par le séchoir télescopique de Maureen et limitée sur les trois côtés par la palissade du voisin.
- Harold ! lança Maureen par-dessus le bruit de l'aspirateur. Le courrier !
Il se dit que ce serait agréable d'aller dehors, mais tout ce qu'il y avait à faire, c'était de tondre la pelouse, et il s'en était déjà chargé la veille. Le ronronnement de l'aspirateur s'éteignit, puis son épouse apparut, l'air mécontent, une lettre à la main. Elle s'installa face à lui.
Maureen était une femme menue, avec un casque de cheveux argentés et une allure décidée. Quand ils s'étaient rencontrés, la première fois, il avait aimé pardessus tout la faire rire. Voir sa jolie silhouette secouée par une joie folle.
- C'est pour toi, annonça-t-elle.
Il ne saisit le sens de ses paroles que lorsqu'elle posa une enveloppe sur la table et la poussa vers lui. Quand la lettre toucha presque son coude, tous deux la contemplèrent comme s'ils n'en avaient jamais vu auparavant. Elle était rose.
- D'après le cachet de la poste, elle vient de Berwick-upon-Tweed.
Il ne connaissait personne à Berwick. D'ailleurs, il ne connaissait pas grand monde où que ce soit.
- C'est peut-être une erreur, avança-t-il.
- Je ne crois pas. Ils ne peuvent pas se tromper de cachet.
Elle prit une tartine dans le grille-pain. Elle aimait ses toasts froids et secs.
Harold examina la mystérieuse enveloppe. Le rose n'avait rien à voir avec celui de leur salle de bains, ou des serviettes et de la housse des W-C assorties, une couleur vive qui mettait Harold mal à l'aise. Celui-ci avait la nuance délicate d'un loukoum. Le nom et l'adresse étaient inscrits au stylobille, les lettres maladroitement tracées se chevauchant comme si un enfant les avait gribouillées en hâte. «Mr. H. Fry, 13, Fossebridge Road, Kingsbridge, South Hams.» L'écriture ne lui disait rien.
- Eh bien ? interrogea Maureen en lui tendant un couteau.
Il posa la lame à l'angle de l'enveloppe et l'inséra dans le pli.
- Doucement, Harold.
Il sentit son regard sur lui tandis qu'il extrayait la feuille et rajustait ses lunettes sur son nez. La lettre elle-même n'était pas manuscrite et elle venait d'un endroit qu'il ne connaissait pas, le centre de soins palliatifs St. Bernadine. «Cher Harold, tu seras sans doute surpris de recevoir ce courrier.» Il alla directement à la signature.
- Eh bien ? répéta Maureen.
- Doux Jésus. C'est de Queenie Hennessy.
Extrait
La lettre qui devait tout changer arriva un mardi. C'était une matinée de la mi-avril comme les autres, qui sentait le linge fraîchement lavé et l'herbe coupée. Rasé de près, en chemise et cravate impeccables, Harold Fry était installé à la table du petit déjeuner devant une tartine de pain grillé à laquelle il ne touchait pas. Par la fenêtre de la cuisine, il contemplait la pelouse bien entretenue, transpercée en son milieu par le séchoir télescopique de Maureen et limitée sur les trois côtés par la palissade du voisin.
- Harold ! lança Maureen par-dessus le bruit de l'aspirateur. Le courrier !
Il se dit que ce serait agréable d'aller dehors, mais tout ce qu'il y avait à faire, c'était de tondre la pelouse, et il s'en était déjà chargé la veille. Le ronronnement de l'aspirateur s'éteignit, puis son épouse apparut, l'air mécontent, une lettre à la main. Elle s'installa face à lui.
Maureen était une femme menue, avec un casque de cheveux argentés et une allure décidée. Quand ils s'étaient rencontrés, la première fois, il avait aimé pardessus tout la faire rire. Voir sa jolie silhouette secouée par une joie folle.
- C'est pour toi, annonça-t-elle.
Il ne saisit le sens de ses paroles que lorsqu'elle posa une enveloppe sur la table et la poussa vers lui. Quand la lettre toucha presque son coude, tous deux la contemplèrent comme s'ils n'en avaient jamais vu auparavant. Elle était rose.
- D'après le cachet de la poste, elle vient de Berwick-upon-Tweed.
Il ne connaissait personne à Berwick. D'ailleurs, il ne connaissait pas grand monde où que ce soit.
- C'est peut-être une erreur, avança-t-il.
- Je ne crois pas. Ils ne peuvent pas se tromper de cachet.
Elle prit une tartine dans le grille-pain. Elle aimait ses toasts froids et secs.
Harold examina la mystérieuse enveloppe. Le rose n'avait rien à voir avec celui de leur salle de bains, ou des serviettes et de la housse des W-C assorties, une couleur vive qui mettait Harold mal à l'aise. Celui-ci avait la nuance délicate d'un loukoum. Le nom et l'adresse étaient inscrits au stylobille, les lettres maladroitement tracées se chevauchant comme si un enfant les avait gribouillées en hâte. «Mr. H. Fry, 13, Fossebridge Road, Kingsbridge, South Hams.» L'écriture ne lui disait rien.
- Eh bien ? interrogea Maureen en lui tendant un couteau.
Il posa la lame à l'angle de l'enveloppe et l'inséra dans le pli.
- Doucement, Harold.
Il sentit son regard sur lui tandis qu'il extrayait la feuille et rajustait ses lunettes sur son nez. La lettre elle-même n'était pas manuscrite et elle venait d'un endroit qu'il ne connaissait pas, le centre de soins palliatifs St. Bernadine. «Cher Harold, tu seras sans doute surpris de recevoir ce courrier.» Il alla directement à la signature.
- Eh bien ? répéta Maureen.
- Doux Jésus. C'est de Queenie Hennessy.
A lire!

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